Chronique martienne

Ma bécane est toujours en rade. D'après les propos laconiques de mon concessionnaire ce samedi après-midi, j'aurai cassé un piston. Donc cela risque de prendre quelques jours avant que je ne la récupère. Et bien sûr, puisqu'il ne s'agit que de casse matérielle, ce n'est pas couvert par mon assurance "tout risques".

Ca me gave car il va faire beau toute cette semaine, et je vais être obligé d'aller m'enterrer sous terre, obligé de prendre le métro pour aller au taf.

Ce que j'ai donc fait ce matin.

Des années que je n'étais plus entré dans l'antre de la bête. Mais en fait rien n'a changé depuis la dernière fois que je l'ai pris, les gens sont toujours aussi peu souriants, faut dire que moi non plus je ne préchais pas l'exemple, même si parfois j'en esquissais un, ayant cependant pris la précaution de garder mes lunettes noires sur les yeux.

Plongés dans leurs bouquins, dans leurs dossiers. J'ai essayé de sortir celui que j'avais embarqué avec moi - "Et si l'aventure humaine devait échouer" de Théodore Monod -, mais je n'arrivais pas à déchiffrer les lettres qui dansaient devant mes yeux. Titre trop évocateur sans doute. J'irai le lire sur le sable celui-là, je crois bien.

J'ai continué de regarder les gens. Aggripés aux rampes, accrochés aux sièges, regardant vers le bas, ou vers le haut. Jetant quelques regards à la dérobade, puis retournant dans leur position précédente, sans rien de plus. Apathie généralisée. Ce que cela peut être déprimant le métro finalement. Je me souviens pourquoi j'avais décidé de ne plus l'utiliser, le jour où j'ai sorti mon VTT pour aller au taf. C'était il y a pas loin de 10 ans de cela.

Enfin, si, j'ai quand même remarqué une différence. Beaucoup, beaucoup plus de petits fils blancs qui dépassent des oreilles et vont trouver refuge, à qui dans une poche, à qui dans un sac. Génération MP3. Les miens sont noirs. Je suis un has-been. J'ai toujours un métro de retard.

Et puis la couleur des tickets a changé, mes vieux tickets verts font contraste avec les mauves actuels.

En fait, il y a plein de choses matérielles qui ont changé. Maintenant que j'y repense, il y a un nouveau système de portes automatiques à St Lazare. Et la rame de la ligne 3 aussi a changé. La disposition intérieure me rappelle le métro de Londres ou celui de New-York. Mais bon, les sièges sont toujours aussi inconfortables.

Et il y a aussi cette petite horloge à chaque station qui te dit quand arrivera la prochaine rame. Succès monstre.

Je suis arrivé au taf à la fin du CD d'Alanis Morissette, "Jagged Little Pill Acoustic". J'avais 30 minutes de retard. En étant parti 30 minutes plus tôt qu'habituellement.

***

En partant du taf ce soir, j'ai croisé 2 collègues en chemin. L'un est descendu à République, l'autre à Réaumur-Sébastopol. Nous avons discuté un peu sur notre chemin commun. Le temps a paru plus court. Puis j'ai remis mes lunettes sur les yeux et Alanis dans mes oreilles.

Arrivé à Mairie de Clichy, j'ai fait une pause. Quelques courtes phrases, trop courtes. Le temps de caler un aparté pour vendredi soir. Et j'ai continué mon chemin.

Classé dans : Autobiographie
Mots clés : aucun

1 commentaire

#1  - Mélis. a dit :

Les miens sont noirs aussi..

Fil RSS des commentaires de cet article

Les commentaires sont fermés.