CPE, mi-figue, mi-raisin

Le CPE, et son acolyte le CNE, me laissent dubitatif.

Après avoir dans un premier temps donné crédit au gouvernement de sa volonté de s'attaquer au chômage des jeunes, les Français ont affiché une hostilité croissante envers le CPE : selon un sondage BVA, 65% jugent "justifié" la journée de mobilisation de mardi.
(AFP)


C'est clair que ce n'est pas la grande forme pour eux. Un peu comme moi en ce moment d'ailleurs, je vais bien sans avoir vraiment la pêche, au satisfecit de mes collègues de bureau qui sont ravis de ce calme apparent.

Bref, le CPE ne se porte pas bien, c'est une évidence. Mais ma problématique actuelle est que je ne sais pas encore si c'est une bonne mesure ou pas.

On va se mettre tout de suite d'accord : travailler 2 ans avec une épée de Damoclès sur la tête, je ne suis pas d'accord du tout. C'est bien trop long, surtout quand l'éventuel licenciement n'est pas assorti de garde-fou.

Cela dit, le pays a besoin de réformes pour avancer en matière d'emploi. D'ailleurs pas qu'en matière d'emploi, mais cela fera sans doute le sujet d'autres notes.

Je suis juste sceptique sur la méthode adoptée.

Sur la forme, pas ou peu de négociation avec les syndicats, passage en force du projet de loi avec un 49.3 à la clé.

Sur le fond, bien que l'idée de départ soit intéressante, je doute qu'on arrive vraiment à faire baisser le chomage avec cette mesure.

Certes, on est loin des contrats de travail à l'anglaise où le salarié peut être viré du jour au lendemain, mais où celui-ci pourra en retrouver un autre aussi facilement. Ce n'est pas non plus la méthode des pays scandinaves soutenant fortement le salarié licencié, en contrepartie d'une plus grande flexibilité de son contrat.

Un autre point de discorde sur le sujet : l'absence d'alternative de la part de l'opposition. Oh oui, il y a bien le projet EVA de Martine Aubry, mais restons réaliste, il n'y a rien de bien concret dans les fonds de tiroirs de la gauche pour relancer la machine à emploi, et par là, le moral des Français.

Enfin bref, ce matin j'ai eu le plaisir d'entendre au travers de mon répondeur la douce voix de mon chef me demandant de venir travailler plus tôt car les collègues du matin étaient en grêve. Quoi? Personne ne lui a dit que moi aussi ? ;)

3 commentaires

#1  - Mélisande a dit :

Quitte à me faire taper sur les doigts, j'y crois au CPE. Et je pense que ça peut vraiment être une bonne chose.
Bien sûr, c'est vraiment pas facile quand on veut un prêt/logement, mais y'a quand même des bons cotés, et c'est toujours du travail, et une expérience.

Sur ce, j'vais espérer que le blocus de mes chers co-étudiants touche à son terme demain soir, parce que ça commence à souler, grave.

#2  - Elsa a dit :

Sans vouloir avoir l'air blasée, le CPE c'est pas grand chose pour l'emploi... ni dans un sens comme dans l'autre^^

#3  - Kowalsky a dit :

Pour l'emploi certes, pour le code du travail, il en va autrement. L'enjeu est là.

Fil RSS des commentaires de cet article

Les commentaires sont fermés.