De Bello Gallico (2)

Par une matinée ensoleillée,

j'arpente les rues à la recherche du temps présent. Je déambule sans itinéraire précis pendant que mon esprit divague à mes cotés. Je regarde distraitement les gens qui passent, l'air affairé, le pas pressé. Je suis toujours surpris par le nombre de personnes que je croise. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Où vont-ils ? J'imagine alors la ville telle qu'elle est : comme une fourmilière géante ou bien comme une ruche débordante d'activité. Je vois la ville telle qu'elle n'est pas encore, avec ces autoroutes aériennes futuristes, avec de larges trottoirs roulants filants à plusieurs allures, tandis que les nefs sont amarrées en haut des tours. J'ai envie de prendre des instantanés, sans pose, sans réglages, mais je ne sais pas encore repérer le détail. Je ne sais qu'observer la globalité. Apprendre le fonctionnement de l'objet devant moi, comprendre les rouages qui font que, si l'on appuie ici, il se passe une action là-bas. Il m'est tellement facile de matérialiser le déroulement de la voûte céleste, de déplacer les étoiles, les galaxies, de suivre la course des étoiles filantes et de regarder les supernovae exploser.

Par une après-midi pluvieuse,

je pose mon regard sur tes yeux. Tu sembles si éloignée alors que tu es si proche. Puis tu me regardes et tu me souris. De connivence. Perdus au milieu de cette foule, il y a toi et moi, chacun de son coté mais allant dans la même direction. Cette proximité dans l'éloignement. Ce sentiment diffus d'exister sans rêver. Et la parenthèse se referme, jusqu'à la prochaine.

Par une nuit de pleine lune,

j'approche le goulot de la bouteille de mes lèvres. Et je souffle dedans. Un son de corne de brume en ressort. Ma guitare me manque. Je crois que je vais bientôt la rapatrier sur zone. Remplacer les mots par le son pour remplacer le bruit par l'image. Même si mes doigts ne connaissent plus la mélodie depuis longtemps. J'aime en caresser le bois verni.

Je ne sais pas de quoi sera fait demain, mais aujourd'hui ne ressemble plus à hier. C'est l'essentiel.

Une flamme vacille. L'odeur d'encens se répand dans la pièce. Je m'endors.

E bella vita.

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