La Mort (3)

Ma mort sera violente et rapide.

Je ne le conçois pas autrement.

L'idéal serait de mourir d'un tir de sniper. Tu ne t'attends à rien, tu vaques tranquillement à tes occupations et l'instant d'après tu es mort. Une balle dans la tête ou en plein coeur. Pas le temps d'avoir une dernière pensée, de voir défiler sa vie, de comprendre ce qu'il se passe.

Bon, ceci étant dit, les probabilités étant quand même assez faibles en France pour mourir de cette façon, il me reste cependant quelques autres options. Avec en tête les accidents de la route, ou un crash aérien pourquoi pas, suivi des accidents domestiques, style une chute dans l'escalier ou une glissade sur la savonnette en sortant de la douche.

Ma hantise ? Mourir brulé ou enterré vivant.

Mourir de maladie, devenir sénil, impotent, non merci. Là, oui j'ai peur. Non pas de la Mort, j'ai déjà expliqué pourquoi, mais de la perte des facultés de mon corps par rapport à mon esprit.

Je ne veux pas souffrir.

C'est cette souffrance qui fait que de plus en plus de sociétés modernes prennent position et légifèrent (à divers degrés) en faveur de l'euthanasie. Depuis quelques années le débat s'est ouvert en France et certaines avancées ont vu le jour, pas assez pour certains, beaucoup trop pour d'autres.

Je suis en faveur de l'euthanasie, dans un cadre bien précis, consciente et controlée, pour qu'il n'y ait pas de dérives possibles. Je trouve toutefois que la législation en France pourrait être encore améliorée, notament en ce qui concerne l'euthanasie "active", pour que ceux qui aident à mourir dans de bonnes conditions (encore une fois, je le répète, dans un cadre bien précis et sous controle) soient à l'abri de la justice.

16 commentaires

#1  - Indilou a dit :

"Enterré vivant" c'est mon cauchemar absolu depuis que j'ai été traumatisée par la fin d'un film d'Alfred Hitchock, que mes parents regardaient alors que je devais avoir 6 ans, et qui se finissait de cette façon.

Quant à l'euthanasie, notre culture, qui a du mal à se débarrasser de la domination millénaire de la religion catholique, est encore bien trop frileuse. Car bien sûr, chacun a le droit de refuser de (sur)-vivre dans des conditions ultra-médicales ou de souffrances terribles.

#2  - Vroumette a dit :

Youhouhou !

Je pense que nous sommes nombreux à avoir des angoisses quant aux derniers instants que nous vivrons, mais j'essaie de ne pas trop y penser et surtout de vivre, encore et encore.

Toi, t'aurais besoin d'un bout de mon gâteau au chocolat !

#3  - hi3 mode Coué a dit :

ERRATUM
Ma mort sera violente et rapide.
Ma vie sera longue et douce...
;-)

#4  - Kowalsky a dit :

Indilou > Faut que tu viennes à la maison voir les films de Ozu que j'ai acheté dernièrement, tu verras, c'est bien moins traumatisant.

Vroumette > C'est gentil d'être passé par chez moi. Je ne suis pas fana de gâteaux au chocolat, mais ma maman m'a appris qu'il était impoli de refuser les invitations quand elles sont si gentiment proposées. Quand ? Quand ? Quand ?

Je vais bien, je te rassure.

hi3 sous ta couette > Mon vit sera ... Nan, désolé, je ne peux décemment pas continuer. J'suis pudique, et ça casserai mon image auprès d'Indilou.

Remarque d'un autre coté si VPS ne débarque pas après cela, c'est que je ne pige toujours rien aux femmes.

#5  - mijie a dit :

J'arrive un peu après la bataille, mais une mort violente à 90 ans dans mon fauteuil, sans qu'auparavant j'aie perdu ni la raison ni l'ensemble de mes capacités physiques (comme mes grands - parents) ça m'irait.
Mais si je suis clouée sur un lit d'hôpital à 22 ans, avec un air de légume et sans pouvoir plus rien dire, là, je prie mes parents de me débrancher, et ils le savent.
Cela dit, je veux bien du gâteau.

#6  - Indilou a dit :

Euh j'ai fait un bug, j'avais écrit un message mais paf! il a disparu de mon écran.
Alors si jamais tu ne l'as pas reçu, le voilà:

Kowalsky > Encore une proposition indécente je vois ;)
T'inquiète pas pour ton image, pudique ou impudique, je ne suis pas sectaire (même si je préfère les deuxièmes).

#7  - Kowalsky a dit :

Indilou > La proposition indécente eut été de t'inviter avec ta Douce.

#8  - Fa a dit :

euthanasie controlée ?? c'est à dire ? comment décider si un peut mourir et l'autre non, pourquoi un aurait le droit et pas un autre? tu imagines ? comment le ferais tu ?
moi je ne vois pas comment....
Je dirais plutot, pas d'acharnement, et encore moins de souffrance, pouvoir s'eteindre doucement, comme un souffle sur une bougie...

#9  - Kowalsky a dit :

Fa > Euthanasie controlée par le législateur. Comme cela existe dans certains autres pays européens.

Pays-Bas

Voici un abrégé des conditions requises pour la pratique légale de l'euthanasie aux Pays-Bas :

* demande répétée de la part du malade, s'il est en état de formuler un discours.
* la maladie doit être incurable
* prendre l'avis d'un autre médecin
* signaler la mort aux autorités.

De plus, dans ce même pays, depuis 2004, l'euthanasie est autorisée pour les enfants de moins de 12 ans, et l'avis des parents peut suppléer à celui de l'enfant.

En 2003, près de 1800 euthanasies ont été effectuées.

#10  - Fa a dit :

j'aime pas trop ça... donner le "pouvoir" à un type qui peut te faire "partir" humm.... il y aura toujours un dérapage...Je ne suis pas contre l'euthanasie parce que je bosse dans le milieu hospitalier non... surtout dans le service où je suis... et j'en vois tellement... comment savoir s'il est vraiment "sain" d'esprit pour demander une telle chose? on arrete pas de dire que l'erreur est humaine... qu'il veuille partir oui, surement mais il ne faut pas oublier l'essentiel "la douleur"... omnipresente... c'est sur ça qu'il faut travailler... enfin à mon avis

#11  - Kowalsky a dit :

Fa > Je suis d'accord, mais pour revenir à ton commentaire précédent et au cas de l'acharnement thérapeutique, comment décider qu'il faut arrêter de donner les soins ? Sur quels critères ? Qui le décidera d'ailleurs ? Est-ce le patient ? Est-ce le médecin ?

C'est dans ce sens là qu'il faut entendre le terme "controlé". Que l'euthanasie soit possible sous certaines conditions, très restrictives, mais possible. D'accord, il y aura des dérapages, comme l'infirmière qui a "aidé" certains de ses patients à partir sans que l'on sache vraiment si c'était leurs souhaits ou bien sur un délire de celle-ci, mais c'est alors à la justice de s'en occuper. Et le fait d'avoir un encadrement par la loi n'en sera que bénéfique.

Puisque tu évoques le cas de la douleur, parles-tu uniquement de la souffrance physique ou de la souffrance morale aussi ? Je te renvoie au cas de Vincent Humbert. Combien de temps l'aurait-on gardé en vie si il n'avait pas émis la demande d'en finir ?

C'est un vaste débat, hein. Les soins palliatifs en font parti aussi, et sont eux aussi encadrés par la loi. Ce qui permet de répondre aux interrogations que je te formulais en début de ce commentaire.

#12  - Fa a dit :

arreter de donner des soins ?? JAMAIS. visiblement toi et moi nous ne donnons pas le meme terme au mot "soins"
sache que chez moi le "soin" n'est pas seulement le traitement médical, il est aussi compagné de "l'encadrement" du malade.
Le soin est curatif par les médicaments, quand une guérrison est possible, il devient paliatif quand on sait que le patient va décéder. Mais en aucun cas nous arretons un soin. Jamais, nous essayons au contraire d'etre encore plus present quand nous savons que le patient vit ses dernieres heures...
j'ai la chance de travailler dans un service où nous ne faisons pas de distingo entre la douleur physique et la douleur morale... mais généralement elles vont de paires...

#13  - Melgart a dit :

C'est curieux ces dernières notes ...
Je peux essayer de répondre à tes questions :
Qui décide : la famille (mari, femme, parents ou enfants)
Suivant quels critères : purement médicaux ! L'irréversibilité de la situation étant définie par les médecins ...
***
Maintenant, si tu veux savoir pourquoi nous n'aurions pas été accompagnés jeudi soir dernier, c'est pour ces raisons ...
Mais la donne est un peu différente :
Aujourd'hui, on lui retire l'assistance respiratoire et pour la suite :
Qui décide : son coeur
Suivant quels critère : sa robustesse ...
A 40 ans, 3 enfants jeunes, c'est beaucoup trop trop ...
Je profite de cette com pour lui signaler mon affection : salue "tata Sylvie"

#14  - Melgart a dit :

[...] beaucoup trop tôt !
Salut "tata Sylvie" !
Sans doute l'émotion ...

#15  - Kowalsky a dit :

Melgart > Je ne pensais même pas à ce qu'il se passe dans la famille de ta moitié quand j'ai écris ces 3 notes sur la thématique de la Mort, j'ai juste préféré écrire des notes distinctes plutôt que de répondre à la suite de ma note sur les dons d'organes puisque je savais que mes réponses allaient être longues et engageantes au dialogue.

Par contre tes réponses ne me sont pas suffisantes.

Première partie de ton commentaire:
> Qui décide: la famille.
Que se passe-t-il quand les membres de la famille ne sont pas d'accord ? Que fais-tu de la volonté du patient si exprimée ?

> Suivant quels critères : purement médicaux !
Que fais-tu des critères moraux, voire religieux ?

Deuxième partie de ton commentaire :
> Qui décide: son coeur
Non, c'est la famille qui a décidé.
Son coeur et sa robustesse n'ont rien à voir dans le choix de débrancher l'assistance respiratoire.

Pour le reste, ce dont tu parles, c'est du temps qu'il faudra avant que la mort clinique de Sylvie ne soit déclarée par le médecin.

Fa > Nous n'utilisons pas les mêmes mots, n'arrivons pas à nous accorder sur le comment, mais dans l'ensemble nous sommes d'accord sur le fond.

Pour revenir au commentaire de Melgart, débrancher l'assistance respiratoire, voici un exemple de ce que j'entends par arrêter les soins (médicaux), ce qui n'empêchera pas d'être présent et d'accompagner le patient en phase terminale jusqu'à la fin et cela le plus humainement possible.
C'est pour moi un exemple d'euthanasie controlée.

#16  - Melgart a dit :

La mort clinique était prononcée depuis déjà quelques temps. Il nous est toujours très difficile d'accepter ce point de non retour en général anoncé par le corps médical, parce que subsiste toujours l'espoir pour les conscients que nous sommes. Qu'en est-il pour l'inconscient ? Quelle qu'eut put être sa volonté, elle ne peut plus l'exprimer. Et puis que serait-elle devenue sa volonté, alors, si elle avait pu l'exprimer ? Car à la regarder vraiment, on ne devinait plus désormais que de la souffrance ...
Rares sont ceux qui souhaitent vraiment mourir quand il sont bien portant. Mais nombreux sont ceux qui ne voudraient jamais se voir "finir légume dans un fauteuil" ... Ce que je veux dire, c'est que lorsque ta propre conscience ne le permet plus il est bon que quelqu'autre conscience de ton entourage puisse prendre la décision que tu aurais prise aux vues de cette situation. Franchement, quand ta conscience t'a abandonnée, je crois que toi tu t'en fout des critères moraux ou religieux, ou de la réaction négative d'un quelconque blaireau de ta famille qui n'aurait pas compris que tout est déjà fini ...
Ce que je veux dire aussi c'est qu'il est définitivement stupide de vouloir penser à la mort ou après, parce qu'on ne sait jamais ! JAMAIS !
***
Pour quelques petites boules mal placées, satellites d'Ovaire ou Utérus et une hospitalisation "mal passée", tu te retrouves dans un coma profond, sans avoir pu dire quoi que ce soit d'autre qu'"à plus tard, après l'opération" à tes proches. Tu n'auras pas cru bon de devoir leur redire combien tu les aimes, vraiment ! Parce que tu pensais que tout cela serait bénin et que tu pourrais encore le leur redire, le moment venu ... Mais il en aurait pu en être de même si tu étais partie un matin au boulot, au volant de ta voiture ou au guidon de ta moto, en traversant la rue ou quoi d'autre, encore ? ...
***
L'assistance respiratoire n'aura pas été enlevée. Sylvie est partie, cette nuit à 3h35.
Désormais brille une étoile de plus au firmament.
En s'arrêtant de battre, son coeur en a décidé ...
Adieu Sylvie !

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